20 mai 2008

Abel Bonnard et le politicien

"Un politicien, c’est un homme qui pense à ses intérêts, dans une place où il devrait penser aux nôtres. - C’est quelqu’un qui se sent envers son parti tous les devoirs qu’il devrait se sentir envers sa patrie. - C’est un homme public qui vit de son métier, au lieu de vivre pour sa fonction. - C’est quelqu’un qui divise ceux qu’il devrait unir. - C’est un homme qui ne parle pas toujours mal, mais qui n’agit presque jamais bien. - C’est un esclave déguisé en chef, qui prend des ordres avant d’en donner. - C’est quelqu’un qui n’a pas le courage de braver la foule pour servir le peuple. - C’est un ambitieux qui n’a que de petites ambitions. - C’est quelqu’un à qui la possession d’une grande place ne donne jamais la tentation d’être grand. Car il ne faut pas oublier que la politique est en principe, et devrait redevenir en fait, un art haut et austère qui demande à ceux qui s’y vouent autant d’âme que de talents. Et si l’on se rappelle cela, on conçoit qu’un politicien, en somme, c’est quelqu’un qui n’est pas digne de faire vraiment de la politique."

(18 octobre 1933.)

19 mai 2008

D'airain

« On ne comprend rien aux événements de l’époque si l’on n’admet qu’un nouvel ordre de sentiments s’était introduit dans les cœurs... Beaucoup de ceux qui avaient part à la conduite des affaires nommaient leur droit un préjugé ; ils doutaient sérieusement de la justice de leur cause, de la légitimité de cette œuvre de direction et de gouvernement qu’ils avaient en charge publique. Le sacrifice de Louis XVI représente à la perfection le genre de chute que firent alors toutes les têtes du troupeau : avant d’être tranchées, elles se retranchèrent ; on n’eut pas à les renverser, elles se laissèrent tomber. »

Charles Maurras

*

Non, on n’est pas victime par hasard... Pour scandaleuse que peut paraître cette proposition - curieusement freudienne ! - elle n’en conserve pas moins une puissance manifestement méconnue.

Vaincre sans combattre… C’est à quoi s’appliquent nos ennemis. Etre vaincus, victimes volontaires de la propagande démocratique, définitivement perdus de scrupules, c’est ce que nous avons accepté jusqu’ici… Nous sommes tous coupables…

*

Un peu plus loin Maurras précise :

« - Che c… ! disait le jeune Bonaparte au 10 Août. Ce n’est pas tout à fait le mot : ni Louis XVI, ni ses conseillers, ni ses fonctionnaires, ni Louis-Philippe, ni ses fils n’étaient ce que disait Bonaparte, ayant fait preuve d’énergie morale en d’autres sujets. Mais la Révolution s’était accomplie dans les profondeurs de leur mentalité : depuis que le philosophisme les avait pétries, ce n’étaient plus eux qui régnaient ; ce qui régnait sur eux, c’était la littérature du siècle. »

*

Rien de ce qui vient de leur monde ne doit plus nous acculer. C’est parfaitement maîtres de nous-mêmes que nous devrons accueillir les mille et une ruses de Demos… Et ses valeurs que de père cocus en fils dégénérés nous nous transmettons devront trouver nos descendants de glace… D’imprenables citadelles… Bien plus forts encore que nous nous sommes voulus, plus libres à l’égard des apparentes défaites, plus sereins malgré les vociférations des ennemis… et des amis… D’airain seront les Fascistes de demain…

17 mai 2008

Nous ne sommes plus des Humains !

Par Ivane.

L’humanité… Leur religion à tous ces glands ! Chrétiens ou non, les ultimes, demeurés dans les fables mortifères… C’est pourtant clair ! Que le progrès c’est fini, kapout, condamné par les temps écologiques, Clio qu’est mutine, qui mène ses enfants qui se marchent dessus… Que les humains, vos frères en ce que vous voulez, c’est neuf fois sur dix de l’immonde raclure qui vendrait ses enfants… De la toute polluante, de la toute grouillante, de la qu’en finit plus de descendre, toujours plus bas, qu’occupe tout l’espace et qui laisse plus un centimètre pour nous autres les délicats de la pensée et les condamnés par l’évolution…

Qu’après le stupide XXe succédant au stupide XIXe, il serait peut-être temps de passer à autre chose ! Une nouvelle vue-du-monde !

*

Des gens qui meurent… Des Birmans. Et puis des Chinois ! Ca vous fait quelque chose mesdemoiselles ! C’est vrai qu’on en manque cruellement de Birmans et de Chinois ! L’autre jour encore je disais à ma femme - je suis marié - tiens, si on se procurait un petit Birman… on a toujours besoin d’un Birman chez soi… Ou un petit Kalmouk…Question bagatelle, y’a pas mieux !

*

Soyons francs ! dix mille, cent mille ou un million de morts, j’en ai rien, rien, à foutre. Rien ! Je parle vrai là. Vrai. Et vous ? Ca vous fait mal au cœur des Birmans qui meurent ? La vérité c’est que je ne souffrirais réellement que de la mort de cent, peut-être deux cents personnes au monde… Et encore ! La vérité, c’est que tout le monde, les sauveurs de la France compris, font semblant ! Font semblant de prendre en compte la souffrance du monde… Souffrance passée, présente et à venir. La vérité, donneurs de leçons, hirsutes et poils ras mêlés, c’est que la mort de milliers d’innocents, ça ne vous empêche pas de vivre. Ca ne vous empêche pas de bouffer le soir. Ni de prendre un dessert. Ni de boire du vin. Ni de choisir le programme. Ni de penser aux vacances… Ni même de bander pour des pouffiasses que l’odeur du malheur d’ailleurs ne fait pas moins mouiller…. La vérité c’est que, comme moi, vous vous en battez les couilles. La vérité, raclures d’Occidentaux, c’est que vous faites semblant, dressés que vous êtes à ânonner les sourates du Bien citoyen à usage obligatoire.

*

Vous connaissez peut-être ce passage de Vincenot où le grand-père, nouvellement muni d’une TSF, la rend parce qu’une semaine de ce traitement l’avait tout droit mené au bord de la dépression : le flot de mauvaises nouvelles se succédant pour mettre l’auditeur au centre d’un tourbillon de malheur dense et terriblement présent.

Non, il n’est pas naturel à l’homme de se sentir concerné par les malheurs du monde entier, celui-ci, celui-là d’hier et d’avant-hier et celui de demain… La vérité c’est que nous sommes tombés, pauvres Occidentaux, dans le panneau des marchands de sommeil qui ont voulu à toutes forces globaliser les joies et les peines, les goûts et les dégoûts, dévitaliser les petites solidarités par le recours au mensonge humanitaire. Nous ne voulons plus, nous ne croyons plus à votre village planétaire, votre monde unifié, votre humanité maçonnisée et conceptualisée. Nous avons flairé le piège. Ne nous importent que notre clan, notre sang, précisément définis, vigoureusement levé en des familles où grandissent des enfants qui ne seront pas vos consommateurs. … Il faudra bien, par un retour au local, un retour des affections et des pensées à la taille humaine où les joies et les malheurs ont une saveur charnelle, sortir du cercle enchanteur qui, par notre acquiescement, continue de faire de nous des esclaves de la grande machinerie mondiale. Nous ne sommes plus des Humains!

15 mai 2008

Careless

Aussi dur se veut-on, aussi profonde la volonté de cultiver l’indifférence, on sent son cœur se déchirer à l’annonce - et aux images ! - des sinistrés chinois… Au bord des larmes… Voilà il fallait que je le dise…

Comment ? Evidemment je blague ! Je me fous complètement de la mort des gens. Je veux dire des gens que je ne connais pas. Des gens dont j’apprends l’existence au moment même où on me dit qu’ils sont morts ! C’est ubuesque cette religion de l’amour des gens ! On en a rien à branler des gens. Des milliards sont là en trop qu’on sait pas quoi en faire… Que c’est pas d’un génocide qu’on a besoin mais de mille ! Tout ça pour vous dire que, en soi, toute brute, la nouvelle de la mort de cent mille hommes, c’est une bonne nouvelle. Ca ne devient une mauvaise nouvelle que si ces gens sont les représentants d’une espèce en voie de disparition… ou que si on les connaît… personnellement... Voilà…

Présomption

« Pour beaucoup de gens, être catholique est déjà au moins quelque chose à condition qu’ils condamnent les effondrements - concessions coupables ? - de l’actuel catholicisme.

Pour qui ne se satisfait pas de ce qu’est en général une religion - catholicisme inclus -, il reste à parcourir les chemins situés hors de cadres institutionnels positifs, ceux de l’auto-réalisation considérés par d’aucuns comme des canaux plus complets de la Tradition que seule une minorité peut emprunter et que j’ai indiqués dans plusieurs de mes livres.

Mais avant tout, chacun doit éprouver ses propres possibilités et sa propre qualification et prendre garde de ne pas devenir la victime de sa présomption. »

Julius Evola. Entretien à Arthos . 1972

13 mai 2008

Ceux qui savent

Par Ivane.

Je trouve sur le Salon beige :

Michel Hubault, conseiller régional FN de l'Indre, réagit dans Présent aux propos de Jean-Marie Le Pen :

« Pour nous, catholique et Français, le national-socialisme allemand a révélé sa singularité démoniaque en voulant détruire le peuple élu de Dieu, celui de la mère de notre Seigneur Jésus-Christ, le peuple de saint Pierre et de saint Paul. [...] Le 28 avril, le secrétaire général du Front national, Louis Aliot, écrivait : «Les propos de Jean-Marie Le Pen n’engagent pas le Front national. Ils ne constituent en aucun cas une ligne politique.» Ce n’est pas mon avis. Jean-Marie Le Pen n’est pas un quidam irresponsable, mais un dirigeant politique. Adhérent du Front national depuis plus de vingt ans, conseiller régional de ce parti depuis 1998, même si l’année dernière je n’ai pas participé au congrès de Bordeaux, j’estime que si je garde le silence, les propos publics de son président m’engagent, d’autant plus que dans ce cas-là ils correspondent à une dérive politique.

En 1987, le Front national était le parti français le plus «atlantiste». S’opposant à la politique arabophile des gouvernements de la Ve République, il estimait aussi que les Israéliens [...] constituaient un bastion de l’Occident dans un monde arabo-musulman soutenu par l’URSS. Vingt ans plus tard, seule l’extrême gauche communiste semble le concurrencer dans l’anti-américanisme et dans «l’anti-sionisme». C’est le résultat d’une dérive, commencée il y a quelques années et qui s’est accélérée en 2007, avec la promotion de l’écrivain marxiste Soral, le rapprochement avec des personnalités comme Dieudonné ou «le nationaliste-révolutionnaire» Christian Bouchet, viscéralement opposées aux valeurs de la droite catholique. Progressivement cette ligne "national-gauchiste" s’impose qui, considérant les Etats-Unis comme l’ennemi principal, a de la sympathie pour les mouvements islamistes et pour les régimes anti-Occidentaux au Moyen-Orient, (notamment la Syrie et l’Iran). [...]

Ne nous trompons pas d’ennemi."

*

Singularité démoniaque, soit le mal absolu… le démon c’est pas anodin, il se déplace pas pour rien… Un moment unique dans l’histoire de l’humanité. Mais Michel Hubault explicite sa pensée. Pourquoi singularité, autrement dit, le national-socialiste se place-t-il tout en haut, au sommet, de la montagne d’iniquités ? Parce qu’il a voulu détruire le peuple de Dieu. Le Peuple, précise-t-il, qui nous a donné Notre-Seigneur… D’autres régimes, d’autres despotes se sont rendus coupables de massacres en tous genres, mais le national-socialisme, lui, a osé s’attaquer au peuple de Dieu, élu par Dieu, les Juifs, le Peuple dont est sorti Jésus-Christ… Si les nationaux-socialistes s’en étaient pris aux kalmouks, ils auraient fait mal, mais somme toute, pas plus que tel ou tel dictateur mentionné à foison par la chronique de l’histoire des hommes… L’unicité de la Shoah disent les Rabbins. Singularité démoniaque répondent les catholiques.

*

Tradis. Catholiques tradis. On admirera cette autre singularité. Ce ne sont pas là propos d’un évêque progressiste, tout entier voué à la victoire des idées maçonniques. Non. C’est un catholique tradi, Français engagé pour la défense de la France. C’est de ces têtes catholiques et françaises que sortent de pareils jugements sur le conflit majeur du siècle et qui scelle sans doute notre destin d’hommes blancs. C’est admirable. Je doute qu’on admire ce genre de faits à leur juste valeur… Et moi aussi je persévère. Je le répète : vous pouvez tout jeter et ne garder que Céline… Tout y est…

*

Pas plus qu’on ne réfléchit assez à ce qui constitue le scandale de tout cela. Tout est jugé en fonction de dogmes édifiés et imposés, y compris par la loi, par les mortels ennemis des hérétiques d’hier. Je lisais cette nuit les délires auxquels cette affaire du détail donne lieu. Les commentaires publiés par Fdesouche sont édifiants. Ce sont les défenseurs de la France et de l’Europe qui jugent tout uniment de cette question sans même s’aviser de considérer que les archives n’ont jusqu’à ce jour pas été disponibles ! Que nous sommes toujours, et d’ailleurs un peu plus chaque jour, sous l’effet d’une propagande de guerre, cette somme de bobards qui servent à maintenir le moral du bon peuple et à l’endormir !

Les intérêts devront s’éteindre avant que Clio lève un coin du voile sur cette guerre, ses prémisses, ses causes cachées, son déroulement, ses crimes innombrables - et partagés ! - et ses conséquences. Autant dire que nous ne sommes pas prêts de jeter un regard clair et serein sur tout cela. En attendant, avec la sérénité de ceux qui savent, il faudra subir, de la part de nos mortels ennemis - et de la part de nos faux-amis, élevés à penser en bons petits serviteurs des Dogmes du régime - la haine et l’imprécation de ceux qui croient savoir…

12 mai 2008

Raciste ou colonialiste

« C’est l’administration de la Cigale qui a groupé les passagers par tables, conformément à l’idée qu’elle se fait de leurs affinités. Je ne doute pas qu’elle y ait mis la meilleure volonté possible...

Pour commencer, elle a systématiquement séparé les blancs et les noirs. Là encore, je suis bien obligé de constater qu’elle n’a fait que suivre, démocratiquement, la tendance dominante. La plupart des passagers blancs se refuseraient à manger à la même table qu’un homme de couleur. "Je ne suis pas raciste, mais..." Nous n’avons pas fini d’entendre cette phrase ! Je comprends maintenant pourquoi les empires coloniaux foutent le camp ! Ils ne pouvaient tenir le coup qu’à une seule condition : le métissage systématique, à la façon de l’Empire romain. On peut être raciste, certes. On peut aussi être colonialiste - mais pas les deux ensemble. Il fallait choisir. »

Pierre Gripari. Phosphore Noloc . 1964

10 mai 2008

A boulet, boulet et demi...

« Je dois d’ailleurs admettre que j’ai traîné cette extrême-droite comme un véritable boulet. Moi, je préparais l’avenir. Eux, ils étaient là pour tenter de justifier leur passé, imaginant, sans doute, que s’ils parvenaient à réhabiliter leurs erreurs de jeunesse, la droite nationale, de facto, se retrouverait aux portes du pouvoir. Un raisonnement parfaitement idiot. »

Jean-Marie Le Pen dans Le Choc du Mois de Juillet 2007 . N° 3

*

Vous vous rappelez cette déclaration ? Vous et moi jugés à notre juste valeur ? Non pas quantité négligeable, non, mais plutôt comme des nuisibles, des nuisibles collants, tout gluants, dont on cherche en vain à se débarrasser… Ces connards du Choc amenant Le Pen à résipiscence… Petites contritions entre amis… Il est vrai qu’à l’époque la mode était aux nouveaux électeurs, les néo-citoyens potes de Soral…

Moi je la trouve amusante cette situation ! Les élus du FN, astiqueurs s’il en fut, dernier reliquat d’un temps révolu, partir en petit morceau, en n’omettant point de jeter à la tête du très (très) vieux président qu’il est un provocateur irresponsable, tout juste bon à griller le travail de respectabilisation des militants… Un boulet en somme…